Documentation de Maildrop

Pixels de suivi e-mail : la recommandation CNIL

Le suivi des ouvertures d'e-mails évolue.

La CNIL considère désormais que l'utilisation d'un pixel permettant de suivre individuellement les destinataires relève du même cadre que les cookies et autres traceurs. Pour les usages marketing, le suivi ne peut donc plus être activé sans avoir obtenu au préalable l'accord du destinataire.

Cette évolution concerne aussi bien les newsletters que les campagnes commerciales, les automatisations et certains e-mails transactionnels.

À retenir

  • Le pixel de suivi est désormais soumis à l'article 82 de la loi Informatique et Libertés.
  • Pour les usages marketing, le consentement du destinataire est nécessaire.
  • Le consentement au suivi est distinct du consentement à recevoir des e-mails.
  • Cette règle s'applique également aux communications B2B.
  • Les contacts existants bénéficient d'une période de mise en conformité jusqu'au 14 juillet 2026.
  • Certaines utilisations techniques, notamment liées à la délivrabilité ou à la sécurité, peuvent rester possibles sans consentement sous certaines conditions.

Qu'est-ce qu'un pixel de suivi ?

Un pixel de suivi est une ressource graphique invisible intégrée dans un e-mail.

Lorsque le client de messagerie charge cette ressource, le serveur qui l'héberge reçoit une requête. Celle-ci peut permettre à l'expéditeur de savoir qu'un message a été ouvert et, selon la manière dont le dispositif est conçu, d'associer cette ouverture à un destinataire et à différentes informations techniques.

C'est ce mécanisme qui permet notamment aux outils d'e-mailing de calculer les taux d'ouverture et de suivre l'engagement des contacts.

Ce que change la recommandation de la CNIL

La recommandation adoptée par la CNIL le 12 mars 2026 et publiée le 14 avril 2026 clarifie le statut des pixels utilisés dans les e-mails.

Le point essentiel est le suivant : lorsqu'un pixel demande à l'appareil du destinataire de transmettre des informations, cette opération est assimilée à une opération de lecture sur son terminal.

Elle entre donc dans le champ de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, comme les cookies et autres traceurs utilisés sur les sites web.

Le suivi marketing nécessite un consentement

Lorsque le pixel est utilisé pour connaître le comportement individuel d'un destinataire à des fins marketing, le consentement doit être recueilli avant le suivi.

Cela concerne notamment :

  • le calcul des ouvertures individuelles ;
  • la segmentation des contacts en fonction de leurs ouvertures ;
  • le ciblage comportemental ;
  • le calcul d'un score d'engagement ;
  • le déclenchement de relances ou d'automatisations en fonction des comportements observés.

Le point déterminant n'est donc pas la nature du message dans lequel se trouve le pixel, mais la finalité du suivi.

Un e-mail transactionnel contenant un contenu commercial peut ainsi être concerné par ces règles si le pixel est utilisé à des fins marketing.

Le consentement au suivi est indépendant de l'inscription

Accepter de recevoir des e-mails ne signifie pas automatiquement accepter leur suivi.

Ces deux choix doivent être considérés séparément.

Un contact peut parfaitement souhaiter continuer à recevoir une newsletter tout en refusant que ses ouvertures soient enregistrées individuellement.

Le consentement au suivi doit donc faire l'objet d'une information et d'un choix spécifiques.

Un consentement réellement volontaire

Pour être valable, le consentement doit notamment être :

  • libre ;
  • spécifique ;
  • éclairé ;
  • univoque.

En pratique :

  • la case de consentement ne doit pas être cochée par défaut ;
  • le contact doit comprendre ce qu'il accepte ;
  • le choix doit correspondre à une finalité clairement identifiée ;
  • le refus doit être aussi simple que l'acceptation ;
  • le retrait du consentement doit rester possible par la suite.

Et en B2B ?

Le fait qu'un e-mail puisse, dans certains cas, être envoyé à un professionnel sans consentement préalable ne dispense pas du consentement pour le suivi.

Les règles applicables au message et celles applicables au traceur sont distinctes.

Ainsi, une campagne de prospection B2B peut éventuellement être envoyée sans consentement préalable, mais son pixel de suivi ne peut pas pour autant être utilisé librement à des fins marketing.

Le régime du pixel dépend de sa finalité et non du statut professionnel ou particulier du destinataire.

Le calendrier de mise en conformité

La recommandation est applicable depuis sa publication, le 14 avril 2026.

Pour les nouveaux contacts, le consentement doit être géré dès leur collecte.

Pour les contacts déjà présents dans votre base, une période de transition a été prévue afin de les informer et de leur permettre de s'opposer au suivi.

Situation du contact Action à mettre en place
Inscrit avant le 14 avril 2026 Informer le contact de l'utilisation du suivi et lui permettre de le refuser avant le 14 juillet 2026
Inscrit entre le 14 avril et le 14 juillet 2026 Recueillir le consentement ou désactiver le suivi
Inscrit après le 14 juillet 2026 Recueillir le consentement dès l'inscription

À partir du 14 juillet 2026, les nouveaux contacts doivent donc avoir fait un choix avant que leur suivi individuel puisse être activé.

Mettre en place le consentement dans Maildrop

Maildrop permet de gérer le consentement au suivi au niveau du contact.

L'objectif est simple : le pixel n'est utilisé pour le suivi individuel que lorsque le contact l'a accepté.

1. Ajouter le choix du consentement lors de l'inscription

Si vous utilisez un formulaire d'inscription, ajoutez-y une option permettant au contact de choisir s'il accepte le suivi individuel de ses e-mails.

Le générateur de code de formulaires d'inscription permet d'ajouter cette possibilité à vos formulaires.

Ce choix doit être présenté séparément de l'inscription à votre liste.

2. Traiter les contacts déjà présents

Les contacts collectés avant le 14 avril 2026 qui n'ont jamais exprimé de choix doivent faire l'objet d'une mise en conformité.

Dans Maildrop :

  1. Ouvrez Listes & contacts.
  2. Sélectionnez la liste concernée.
  3. Créez un segment regroupant les contacts inscrits avant le 14 avril 2026.
  4. Utilisez la règle Date d'inscription → Est avant → 14/04/2026.
  5. Créez ensuite une campagne destinée à ces contacts.

Le message doit expliquer simplement l'utilisation du pixel et donner au destinataire un moyen clair de refuser le suivi.

3. Ajouter un lien de révocation

Dans l'éditeur Drag & Drop, ajoutez un bouton puis ouvrez les paramètres de son lien.

Sélectionnez :

Type de lien → Lien de révocation du consentement au suivi

Utilisez un libellé explicite, par exemple :

Je préfère ne pas être suivi

Si vous utilisez l'éditeur HTML, vous pouvez utiliser le merge tag suivant :

<a href="{$Revoke_Tracking_Consent_Link}">
  Je refuse le suivi individuel de mes interactions avec les messages reçus.
</a>

Il doit être placé dans une balise <a>.

Sélectionnez ensuite le segment précédemment créé comme destinataire de la campagne.

Prévoir le retrait du suivi dans les futurs e-mails

Le choix du contact ne doit pas être définitif.

Une personne ayant accepté le suivi doit pouvoir revenir sur sa décision simplement, sans avoir à contacter l'expéditeur.

Pour cette raison, il est recommandé d'intégrer directement le lien de révocation dans vos modèles d'e-mails.

Avec l'éditeur Drag & Drop, utilisez le snippet :

Lien de révocation du consentement au suivi

Vous pouvez lui donner un intitulé explicite tel que :

Je préfère ne pas être suivi

Deux liens à prévoir dans vos modèles

Pour les contacts français dont le suivi est activé, le pied de vos e-mails doit permettre de gérer séparément :

  1. la désinscription de la communication ;
  2. le retrait du consentement au suivi.

Il est donc préférable d'intégrer ces deux possibilités directement dans vos modèles plutôt que de devoir les ajouter ultérieurement.

Les usages qui peuvent rester possibles sans consentement

La recommandation ne signifie pas que tout pixel est interdit sans consentement.

La nécessité du consentement dépend de la finalité poursuivie.

Certains usages strictement nécessaires au fonctionnement ou à la sécurité du service peuvent bénéficier d'une exemption.

Gestion des contacts inactifs

Le suivi peut notamment être utilisé pour identifier les adresses devenues inactives et contribuer au nettoyage d'une base.

Dans ce cas, la collecte doit rester limitée à ce qui est nécessaire.

Pour déterminer si un contact est actif, la date de sa dernière ouverture peut suffire. La CNIL considère qu'une précision à la journée est adaptée à cette finalité.

Il n'est donc pas nécessaire de conserver, pour cet usage, des informations supplémentaires comme :

  • l'heure exacte de l'ouverture ;
  • l'appareil utilisé ;
  • la localisation.

Délivrabilité

Un pixel peut également être utilisé dans le cadre de besoins liés à la bonne distribution des messages.

Là encore, l'utilisation doit rester limitée à la finalité concernée et ne doit pas être transformée en outil de suivi marketing individuel.

Sécurité

Des usages liés à la sécurité peuvent également être concernés par ces exceptions, par exemple lorsqu'un mécanisme permet de détecter une activité anormale ou de contribuer à la prévention d'une fraude.

Ces traitements doivent rester strictement cantonnés à leur objectif technique.

En résumé : quelle finalité, quel consentement ?

Utilisation du pixel Consentement
Mesurer l'ouverture de chaque destinataire Oui
Segmenter les contacts selon leurs ouvertures Oui
Calculer un score d'engagement Oui
Déclencher des relances marketing selon les ouvertures Oui
Identifier des contacts inactifs avec la seule date de dernière ouverture Non, sous conditions
Vérifier la bonne distribution des messages Non, sous conditions
Détecter une fraude ou contribuer à la sécurité Non, sous conditions

Le principe à retenir est donc de définir précisément la finalité avant de déterminer si un consentement est nécessaire.

Qui est responsable du suivi ?

Utiliser un logiciel d'e-mailing ne transfère pas automatiquement la responsabilité à l'éditeur du logiciel.

La responsabilité revient à l'organisation qui décide d'envoyer les messages et qui détermine pourquoi et comment le suivi est utilisé.

L'outil d'e-mailing intervient en tant que prestataire technique ou sous-traitant.

Une tendance plus large autour du consentement

La recommandation concernant les pixels s'inscrit dans une évolution plus générale de la position de la CNIL sur les mécanismes de suivi.

Le consentement multi-terminaux

En janvier 2026, la CNIL a également publié ses recommandations finales concernant le consentement multi-terminaux.

Lorsqu'une personne est identifiée au sein d'un même compte, son choix peut, dans certaines situations, être pris en compte sur plusieurs appareils associés.

Le principe reste le même : le refus et le retrait doivent être aussi simples que le consentement.

Une exigence de symétrie entre accepter et refuser

La CNIL accorde une importance croissante à la facilité avec laquelle une personne peut refuser ou retirer son consentement.

Un parcours qui rend l'acceptation immédiate mais complique volontairement le refus n'est pas cohérent avec cette approche.

Cette logique s'applique également au suivi des e-mails.

Faire de la conformité une opportunité

La mise en place du consentement peut sembler contraignante, mais elle permet aussi de rendre les statistiques plus représentatives.

Un contact qui ne souhaite pas être suivi ne doit pas nécessairement disparaître de votre base ou cesser de recevoir vos communications.

Il peut simplement continuer à recevoir vos messages sans faire l'objet d'un suivi individuel.

En séparant clairement :

  • la réception des e-mails ;
  • le suivi individuel ;
  • les besoins techniques de délivrabilité ;
  • les usages marketing,

vous obtenez des données mieux qualifiées et une gestion plus transparente de vos contacts.

Que faire maintenant ?

Si vous utilisez actuellement des pixels de suivi, commencez par vérifier leur utilisation et leur finalité.

Checklist

  • Identifier les e-mails contenant un pixel de suivi.
  • Déterminer à quoi servent les données collectées.
  • Séparer le consentement à recevoir des e-mails du consentement au suivi.
  • Ajouter le consentement aux nouveaux formulaires.
  • Identifier les contacts historiques n'ayant jamais exprimé de choix.
  • Leur permettre de refuser le suivi.
  • Ajouter un lien de révocation dans vos modèles.

Note

La recommandation de la CNIL fournit un cadre général et ne constitue pas, à elle seule, un conseil juridique personnalisé. La mise en conformité doit être appréciée en fonction de vos traitements et de leurs finalités. En cas de doute, rapprochez-vous de votre DPO ou de votre conseil juridique.

Conclusion

Le changement essentiel est finalement assez simple : le fait de recevoir un e-mail et le fait d'accepter son suivi sont deux choix différents.

Pour les usages marketing, le suivi individuel des ouvertures doit désormais reposer sur un consentement préalable. Les usages techniques ou liés à certaines finalités légitimes peuvent continuer à bénéficier d'un régime différent, à condition de respecter les principes de nécessité et de minimisation des données.

Avec une collecte claire du consentement, un mécanisme simple de révocation et un paramétrage adapté du suivi, la transition peut être intégrée directement dans vos formulaires et vos modèles d'e-mails.